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 conclusions du rapport Stern version française

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Marie MONTEAUX
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Localisation: SDIS Deux Sèvres (79)
Date d'inscription: 12/05/2005

MessageSujet: conclusions du rapport Stern version française   Ven 10 Nov - 9:37

Rapport Stern : Les enjeux économiques des changements climatiques.

CONCLUSION DU RAPPORT




« Il est toujours temps d’éviter les pires impacts du changement de climat, seulement si nous décidons d’agir dès maintenant.

La preuve scientifique est désormais accablante : le changement de climat est une sérieuse menace mondiale et il demande une urgente réponse mondiale.

Ce rapport a évalué un large panel de preuves des impacts du changement climatique et de leurs incidences économiques et a employé de diverses techniques pour estimer les coûts et les risques. De toutes ces approches, les preuves réunies par le rapport mène à une conclusion simple : les bénéfices d’une action forte et immédiate dépassent largement les impacts économiques de l’inaction.

Les modifications climatiques vont affecter les éléments vitaux de chacun et de tous et ce, au niveau mondial – l’accès à l’eau, la production alimentaire, la santé et l’environnement. Des centaines de millions de personnes pourraient souffrir de famine, de restriction d’eau, et d’une inaccessibilité financière à la nourriture comme à l’époque des deux guerres mondiales.

Utilisant les incidences avérées des modèles classiques économiques, le rapport estime que si nous n’agissons pas, les coûts et les risques généraux du changement de climat seraient équivalents à la perte de 5% du produit intérieur brut mondial, chaque année, immédiatement et pour toujours. Si un plus grand nombre de risques et d’impacts sont pris en compte, les estimations des dommages causés pourraient s’élever à 20% du PIBM, voire même plus.

Par opposition, les coûts des actions peuvent être limités à 1% du PIB chaque année.

La place que prendra cette prise en compte, dans les 10 à 20 prochaines années aura une incidence considérable sur le climat dans la deuxième moitié du siècle et le siècle prochain. Nos actions immédiates et au cours des prochaines décennies peuvent susciter une rupture économique et une crise de l’emploi assimilables à la dernière guerre mondiale et à la crise 1929. Et il sera difficile voire même impossible de revenir en arrière, les effets seraient probablement irréversibles.

Alors une action forte et immédiate est clairement conseillée. Parce que les modifications climatiques sont un problème mondial, la réponse se doit d’être internationale. Elle doit être fondée sur des objectifs à long terme et considérer l’ensemble des acteurs ; elle doit susciter l’adhésion des entreprises, ce qui accélérerait la progression au cours des prochaines décennies. Ce projet doit être construit mutuellement au niveau national, régional et international.


Les modifications climatiques peuvent avoir de sérieux impacts sur la croissance et le développement.

Si aucune mesure n’est prise pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, leur concentration dans l’atmosphère pourrait doubler aux alentours de 2035, nous entraînant probablement vers une augmentation de la température de 2°C. Sur le long terme, il y a une chance sur deux que la température augmente de plus de 5°C. Cette augmentation pourrait être très dangereuse, elle serait équivalente à l’augmentation entre l’ère glacière et aujourd’hui. Un tel changement de la physique planétaire aura une incidence incontournable sur la sociologie – où les gens vivent et comment ils vivent leur vie.

Même à un niveau modéré de réchauffement de la planète, toutes les preuves montrent que le climat aura de sérieux impacts sur la production mondiale, la vie humaine et l’environnement.

Tous les pays seront affectés. Les plus vulnérables – les pays les plus pauvres et leurs populations – souffriront prioritairement et majoritairement, même s’ils ont contribué tardivement à ce réchauffement climatique. Les coûts des manifestations spectaculaires climatiques, c'est-à-dire, inondations, sécheresses et tempêtes augmenteront toujours, y compris pour les pays riches.

L’adaptation au changement climatique est essentielle. Il ne sera plus possible très longtemps de prévenir ce changement qui s’installera au cours des 20 à 30 prochaines années, mais il est toujours possible de protéger nos sociétés et nos économies de ces impacts grâce à quelques mesures. L’adaptation à ce changement climatique coûterait de l’ordre de 10 millions de dollars par an pour les pays développés uniquement et devra mettre la pression pour préserver des ressources déjà rares.

Le coût du maintient du climat actuel est significatif mais gérable, prendre du retard serait dangereux et beaucoup plus coûteux.

Les risques causés par les impacts les plus importants de ce changement climatique peuvent être substantiellement réduits, si le niveau des gaz à effet de serre est stabilisé entre 450 et 550 ppm CO2e. Le niveau courant est de 430 ppm CO2e de nos jours et son augmentation est de 2 ppm par an. Une stabilisation à ce niveau nécessiterait que les émissions soient au moins 25 % au-dessous des niveaux actuels avant 2050 et peut-être beaucoup plus. Quoi qu’il en soit, la stabilisation, à quelconque niveau, demanderait, à ce jour, une diminution annuelle de la production de gaz à effet de serre de 80%.

C’est un challenge de taille, mais l’action soutenue sur le long terme aura, en effet, un coût, mais très faible comparé aux risques de l’inaction. L’estimation du coût annuel d’une stabilisation du niveau de gaz à effet de serre entre 500 et 550 ppm CO2e représenterait environ 1% du PIBM, mais seulement si nous commençons à agir dès maintenant.

Les coûts peuvent être encore plus bas que cela s’il y a plus de gains en efficience, ou si les bénéfices, notamment ceux résultant de la baisse de la pollution de l’air, sont mesurés. Les coûts seront plus importants, si les innovations en technologies de basse consommation carbone ne vont pas au rythme attendu ou si les décideurs politiques échouent dans la mise en place d’un concept économique permettant la réduction d’émissions à tout endroit, tout moment et de la manière la moins coûteuse.

Il sera très difficile et même coûteux d’atteindre l’objectif des 450 ppm CO2e. Mais si nous attendons, l’opportunité de stabiliser à 500-550 ppm CO2e pourrait tout simplement disparaître.



L’action sur le changement climatique doit être menée dans tous les pays et cela nécessite de ne pas porter nos énergies sur l’essor d’un pays plutôt qu’un autre, via un critère de richesse ou de pauvreté.

La répartition des dépenses n’est pas faite pour chaque secteur ou chaque pays. Même si les pays riches prenaient leurs responsabilités et s’engageaient à une diminution des émissions de 60 à 80% d’ici 2050, les pays en voie de développement devront également mettre en place des actions significatives. Mais il est certain que les pays en voie de développement ne peuvent supporter la totalité des dépenses à effectuer et ils n’auront pas à le faire. Les entreprises émettrices de carbone des pays riches commencent déjà à allouer des budgets pour soutenir le développement de process pauvres en carbone. Une modification de ces budgets est désormais nécessaire pour subvenir aux besoins actuels.

Agir sur les modifications climatiques créera également de nouvelles opportunités financières, comme de nouveaux marchés, grâce aux nouvelles technologies, à la production de biens et de service en basse émission carbone. Ces marchés pourraient évoluer jusqu’à représenter plusieurs centaines de millions de dollars chaque année et l’emploi dans ces secteurs augmenterait par conséquence.

Il n’y a pas à choisir entre agir sur le changement climatique et le développement économique. Les changements industriels et économiques ont accentué l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Pour autant, ignorer les bouleversements climatiques aura une incidence sur le développement économique mondial.

Couper court à ces modifications de climat est la solution stratégique de développement économique à long terme et cela ne peut être le fruit d’un choix établi selon que le pays soit riche ou pauvre.



Un large choix de possibilités existent pour stopper ces émissions ; une forte et résolue implication politique est nécessaire pour faire ce changement.

Les émissions de gaz à effet de serre peuvent être stoppées en agissant sur l’efficience des énergies, le changement de la demande et l’adoption d’énergies, de chauffages et de transports propres. Le secteur industriel nécessite de diminuer, sur toute la planète, ces émissions de carbone de 60% d’ici 2050 afin que les concentrations atmosphériques soient stabilisées ou, au maximum, égales à 550 ppm CO2e ; un effort particulier doit être fait quant aux émissions résultant des transports.

Même avec une extension de l’utilisation des énergies renouvelables ou au bilan carbone faible, les énergies fossiles devraient continuer de représenter environ la moitié des provisions d’ici 2050. Le charbon va continuer d’avoir une place importante même dans les économies en fort développement.

Stopper les émissions de carbone dues à la déforestation et aux process agricoles et industriels est également essentiel.
Avec une implication politique forte, il est possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans les économies développées comme dans celles en voie de développement, dans une juste mesure, nécessaire pour la stabilisation des émissions dans la fourchette précitée, tout en continuant à croître.


Les perturbations climatiques sont la plus grande faille du marché mondial qui n’a jamais été constaté et elle rentre en interaction avec d’autres imperfections déjà existantes sur ce même marché. Trois éléments politiques sont fondamentaux pour réussir à atteindre ces objectifs. Le premier est le prix du carbone, en taxant les émissions et en mettant en place des mesures de contrôle et de régulation. Le second est une politique de soutien des innovations et de l’emploi dans le secteur des technologies en basse émission carbone. La troisième et dernière action est l’acculturation : l’information, l’éducation et la conviction individuel que tous avons un rôle dans le changement de climat.

Le changement de climat demande une réponse internationale, fondée sur une compréhension partagée et des objectifs sur le long terme et l’engagement des entreprises.

De nombreux pays ou régions ont déjà entrepris des projets dans ce sens : l’Union Européenne, la Californie et la Chine sont véritablement en avance par rapport aux autres et ont de véritables politiques dont l’ambition est de réduire l’émission de gaz à effet de serre. La Convention sur le Réchauffement Climatique et le Protocole de Kyoto posent les fondements de la coopération internationale, diverses partenariats et approches. Mais la plus ambitieuse de toutes les actions est désormais l’application à l’échelle planétaire.

Les pays s’adaptent à leur propre conjonctures et de ce fait, mettent en évidence des approches différentes pour stopper, à leur échelle, les bouleversements climatiques. Mais l’action individuelle des pays n’est pas suffisante. Chaque pays, qu’il soit grand ou non, est un élément du puzzle. Il est donc essentiel de créer une vision partagée internationale et de fixer des objectifs à long terme, afin de construire une structure internationale qui pourrait aider chaque pays a mettre en œuvre son projet pour atteindre ensemble des objectifs communs.

Les éléments-clés de cette structure internationale devrait être :

- Le marché des émissions : propager et rendre attractive l’idée que la réduction des gaz à effet de serre peut avoir une contre partie financière intéressante est un excellent moyen de promotion, essentiellement dans les pays développés, qui sont une cible de taille et pourraient ainsi dégager plusieurs dizaine de millions de dollars, grâce à leur seule adhésion à cette idée. Cet argent serait réinvesti dans le développement des projets en basse émission carbone.
- La coopération technologique : une coordination informelle au même titre que des contrats officiels peuvent influencer les investissements dans la recherche des innovations industrielles en basse émission carbone. La coopération internationale sur les productions courantes est un moyen efficace d’accroître l’efficience dans le domaine énergétique.
- Réduire la déforestation : La perte de forets partout dans le monde contribue plus aux émissions de gaz à effet de serre que l’ensemble des transports. La mise en place de programmes d’actions internationaux est le meilleur moyen de trouver une issue rapide à la situation.
- L’adaptation : Les pays les plus pauvres sont les plus vulnérables à ces perturbations climatiques. Il est essentiel que le changement climatique soit totalement intégré dans le plan de développement des pays et que les pays riches remplissent leur contrat en aidant ces pays à se développer. La coopération internationale pourrait également aider à l’information locale sur les changements climatiques et rechercher de nouveaux moyens pour éviter et se protéger des inondations et des sécheresses.
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Eric DEBOUTROIS
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Date d'inscription: 20/01/2005

MessageSujet: Re: conclusions du rapport Stern version française   Ven 10 Nov - 17:03

Merci Marie pour cette traduction du rapport Stern.

Celà conforte l'interte de l'étude que nous avions réalisée avec le Conseil Général http://hygiene-securite.forumactif.com/viewtopic.forum?t=32

... ainsi que la nécessité de continuer à travailler sur nos énergies et bien d'autres sujets environnementaux comme l'eau.

PS : serait posible de mettre en ligne une version pdf du SDIS.com spécial "eau" ?
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